les 3i

Les 3i (Intensive, Individuelle, Interactive)

 

Cette approche de l'autisme est française et mise en place par l'association AEVE. Créée en 2006, cette méthode a été mise en place par Catherine de la Presle qui, pour aider son petit fils, est allée aux Etats-Unis se former à Son Rise. De l'expérience réussie avec son petit-fils est née cette méthode adaptée de Son Rise. Plus de 300 enfants sont maintenant suivis pas AEVE et une validation scientifique devrait être publiée dans un futur proche.

 

1- Un peu de théorie


L'idée de base de cette méthode développementale est que l'enfant autiste, parce qu'il est agressé par des stimulations sensorielles que son cerveau traite mal, s'est arrêté dans son développement. En le protégeant de ces agressions sensorielles, grâce à l'aménagement d'une salle rien que pour lui, et en le stimulant par le jeu, il va reprendre son développement là où il s'était arrêté. Chaque enfant est donc considéré  en fonction de son stade de développement, et on fixe les objectifs en fonction de chacun.


"Intensive"  : c'est un mot clé dans cette méthode : plus la stimulation est précoce et intensive, plus elle sera efficace car elle pourra jouer sur la plasticité cérébrale et rétablir les connexions manquantes, et parce que le retard de l'enfant et lenfermement dans sa bulle sont moins marqués L'idée estd e profiterd e chaque heure d'éveil pour stimuler l'enfant, car on considère qu'un enfant autiste laissé seul retourne dans son monde. D'où les 40 heures de jeu hebdomadaires. Le cerveau gardant cette plasticité quel que soit l'âge, des adolescents et adultes sont suivis par AEVE.

 
"Individuelle" : AEVE propose une prise en charge assez exclusive : l'enfant n'est plus scolarisé et les sorties et vacances doivent être limitées. Le but n'est pas d'isoler l'enfant, mais le postulat est qu'on ne va pas aider un enfant dont le système sensoriel est perturbé à aller vers les autres en le mettant dans une situation d'inconfort. Beaucoup d'autistes montrent des comportements agressifs à l'école, or ils sont nombreux à souffrir d'hyperacousie : le bruit d'une classe est insupportable pour eux. On mise tout sur le 1 pour 1 : 1 bénévole avec un enfant, 40 heures par semaine. Quand l'enfant a repris son développement, est sorti de sa bulle et ne souffre plus de la présence des autres, alors il reprend le chemin de l'école ou des apprentissages à la maison (école à la maison pour les plus grands, ou pour rattraper le niveau et être scolarisé).
En revanche, les prises en charge en orthophonie et psychomotricité ont leur place dans la méthode 3i, à condition que le thérapeute ne force pas l'enfant. En revanche, l'ABA est déconseillé car l'adulte dirige l'enfant. La méthode évolue ensuite en fonction des progrès de l'enfant et des séances en extérieur sont ensuite introduites.
 
"Interactive" : les règles d'or sont de suivre l'enfant, et de saisir toutes les occasions pour jouer et capter le regard. Si un enfant s'enferme dans une activité répétitive, on l'imite et on essaye de faire que la stéréotypie devienne un jeu interactif.   On entre dans le monde de l'enfant autiste en tentant de devenir un pont vers notre monde.L'important est l'attitude du joueur : être enthousiaste, gai, et ne rien attendre d'une séance. Aucun apprentissage n'est visé tant que l'enfant n'est pas prêt. Le bénévole doit devenir le meilleur copain de jeu de l'enfant !
 

2- En pratique


 - Le rôle des parents : ils vont aménager une salle qui sera consacrée aux heures de jeu de leur enfant. Cette salle sera sobre (couleurs douces, sans décorations), aura des étagères au mur de façon à ce que les jeux soient visibles mais pas accessibles pour favoriser les demandes, et proposera essentiellement au début des activités sensori-motrices (balançoire, tobaggan, miroir...) pour détendre l'enfant. Les parents devront recruter 30 bénévoles qui viendront assurer un total de 40 heures de jeu hebdomadaires avec l'enfant. La gestion des bénévoles impose une présence permanente au domicile : l'un des parents doit généralement cesser son activité professionnelle.

- L'appui d'AEVE : l'association forme les bénévoles et attribue à chaque famille un psychologue qui organise une réunion mensuelle avec l'ensemble de l'équipe, aide et conseille les parents, et suit le développement de l'enfant.

- Les bénévoles : ils viennent jouer 1h30 par semaine avec l'enfant (ou toutes les 2 semaines en fonction du nombre de bénévoles recrutés), en fonction des orientations données par le psychologue.

- L'organisation de la vie de l'enfant : l'enfant ne sera donc scolarisé qu'une fois sorti de sa "bulle" et de façon progressive. On limite également les sorties, surtout si l'enfant n'est pas prêt et manifeste une surcharge sensorielle évidente, ou un repli sur soi. 

- La durée : la méthode suit l'enfant et évolue en fonction de ses progrès. Cela peut aller de 18 mois à 4 ans (ou plus) selon le stade de développement de l'enfant au début du programme, son rythme, et le nombre d'heures de jeu.

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